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14/02/2012

28 décembre 1958

" J'ai donc pris la décision de mettre nos affaires en ordre et réellement. Le budget en est l'occasion, peut-être ultime, très bonne en tout cas... Nous appliquerons tout un ensemble de mesures économiques et financières qui établissent la nation sur une base de vérité et de sécurité, la seule qui puisse lui permettre de bâtir sa prospérité. Je ne cache pas que notre pays va se trouver quelque temps à l'épreuve. Mais le rétablissement visé est tel qu'il peut nous payer de tout. Sans l'effort de remise en ordre avec les sacrifices qu'il requiert et les espoirs qu'il comporte, nous resterons un pays à la traîne oscillant entre le drame et la médiocrité » ?

 

DISCOURS POLITIQUE

Charles de Gaulle, Allocution radiotélévisée du 28 décembre 1958 (28/12/1958)


L'appel qui m'est adressé par le pays exprime son instinct de salut. S'il me charge de le conduire c'est parce
qu'il veut aller, non certes à la facilité, mais à l'effort et au renouveau.
Depuis 7 mois, assez remplis, nous y allons, en effet, et faisons quelques grands pas sur la voie du redressement.
En vérité il était temps.
Car, à la veille du démarrage, l'unité française se trouvait sur le point de se briser, entraînant tout à l'effondrement.

Bien entendu, le danger s'étendait aux finances et à l'économie.
Dans les derniers jours de mai nous étions, à cet égard, sur la route de la catastrophe.
La balance des comptes entre ce qu'il nous fallait acheter au dehors et ce que nous pouvions y vendre
atteignait un déficit apparemment irréductible, tandis que les prêts étrangers se trouvaient presque épuisés.

D'ailleurs on ne voyait plus comment faire face normalement à toutes les dépenses de l'Etat, les impôts n'y suffisant point et le crédit semblant s'éteindre.
Enfin, les prix ne cessaient pas de monter, ainsi que l'inquiétude sociale.
Brochant sur le tout, une certaine récession se faisait déjà sentir.
Le mouvement du mois de mai, s'il apparut d'abord en Algérie, procédait en réalité de la conviction générale
que le pouvoir était impuissant devant la marée des menaces, y compris, naturellement, celles qui pesaient sur notre économie.

La confiance du pays nous a permis, dans ce domaine comme dans les autres, de renverser la tendance et de parer au plus pressé.
Cependant, la situation demeure précaire, c'est-à-dire dangereuse.
Quand on mesure les espoirs que nous apportent la nombreuse jeunesse venue au monde depuis la guerre,
le pétrole, le gaz et l'uranium découverts, notre outillage en progrès, nos élites nouvelles surgissant du fond
du peuple, notre association avec la Communauté, l'élargissement imminent du marché européen, on est saisi
à la fois par l'impatience et la résolution.

Avec mon gouvernement, j'ai donc pris la décision de mettre nos affaires en ordre réellement et profondément. Le budget en est l'occasion, peut-être ultime, très bonne en tout cas.
Nous avons adopté et, demain, nous appliquerons tout un ensemble de mesures financières, économiques, sociales, qui établit la nation sur une base de vérité et de sévérité, la seule qui puisse lui permettre de bâtir
sa prospérité.
Je ne cache pas que notre pays va se trouver quelque temps à l'épreuve.
Mais le rétablissement visé est tel qu'il peut nous payer de tout.

...Tout à l'heure, monsieur Pinay, ministre des finances et des affaires économiques, vous indiquera avec précision quelles dispositions sont prises.
En voici l'essentiel...
...En revanche, augmenter de 245 milliards, c'est-à-dire de 25 pour 100, le montant des investissements qui sont notre richesse future et ouvrent carrière à notre jeunesse.
Voilà de rudes dispositions ! Je ne sais que trop ce que dans l'immédiat elles coûteront à beaucoup.
Mais je les crois efficaces, je les tiens pour nécessaires, et je suis sûr qu'en définitive tout le monde tirera
profit de l'équilibre ainsi réalisé...

...Comme on peut s'attendre à ce qu'il en résulte, au moins momentanément, quelque hausse du niveau des prix, le gouvernement prend aussi des mesures relatives au pouvoir d'achat, de celui surtout des Français dont le revenu est plus modeste...

...Dans le monde d'aujourd'hui rien ne vaut que par comparaison.
Or nous sommes actuellement, vis-à-vis de l'extérieur, dans une situation économique diminuée.
Empêchés d'importer et d'exporter suffisamment, endettés, privés de crédit alors que nos produits, notre technique, nos capacités, sont à hauteur de toutes les concurrences, nous sommes loin d'atteindre au large niveau d'échanges qui développerait notre activité. Ce qu'il y a d'artificiel dans la valeur de notre monnaie provient, certes, du déséquilibre de nos affaires, mais n'en est pas moins une cause permanente de
difficultés...

...Cet ensemble, dont toutes les parties se tiennent et se complètent, cet ensemble est grave mais essentiel. Sans l'effort de remise en ordre avec les sacrifices qu'il requiert et les espoirs qu'il comporte, nous resterions
un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité.
Au contraire, si nous réussissons la grande entreprise nationale de redressement financier et économique, quelle étape sur la route qui nous mène vers les sommets !
C'est le voeu que je forme à l'adresse de toutes et de tous tandis qu'approche la nouvelle année.

Peuple français, grand peuple ! Fierté, courage, espérance !

Vive la République ! Vive la France !"

Commentaires

Avons nous aujourd'hui un chef pour gouverner notre pays ?
Un personnage irréprochable, courageux, sachant écouter, prendre les meilleures décisions possible, oublier son égo pour ne penser qu'à nous, au peuple à qui l'on demande toujours de faire des sacrifices alors que celles et ceux qui devraient donner l'exemple oublient qu'ils sont là où ils se trouvent par la volonté du peuple.
Je suis très inquiète.
J'écoute trop les économistes pour comprendre la réalité de la situation.
Leurs explications sont complexes ils ne semblent pas vivre dans le même monde que le nôtre.
Ce sont des espèces de robots.
Il est pourtant un fait tout simple : on ne peut dépenser que ce que l'on gagne.

Écrit par : Charline | 14/02/2012

coucou Charline, tes precedentes notes méritaient comme celle ci de larges commentaires , je n'ai pas pris le temps de venir le faire mais elles m'ont interpellées fortement . je salue cette parution car nous ntendons un discours de cet ordre sans que les orateurs de quelque bord qu'ils soient aient la rigueur et l'honneteté de Charles De gaulle . Tous les gens de droite saluent sa mémoire et parlent de lui avec des tremblements dans la voix mais sont très loin de ce monsieur qui payait lui même son EDF à l'élysée ...entre autre !
sur quel roc pouvons nous nous appuyer ? a qui pouvons nous faire confiance ?
celui là augmente son salaire dejà très confortable , cet autre se deplace systematiquement aux frais de la princesse même pour des voyages privés , cet autre ne dit que ce que chacun veut entendre , l'un chante à ça ira ça ira , l'autre je suis malade , aucun n'est credible aucun n'a de couilles pour evoquer les vrais problèmes des gens ...la seule chose qui les mène: les sous la rentabilité , cela va du vieux de plus de 80 balais qui sort le lendemain de son intervention chirurgicale , le ventre encore ouvert ...a la supression du dernier train qui lui permettait d'aller à la ville ...
ces gens qui nous gouvernent ont ,au fil des années ,tout mis en place pour qu'ils ne puissent se succeder qu'entre clampins du même monde ...500 signatures et pourquoi donc , Boutin ne les a pas eues et elle renonce ...
Si encore ils n'étaient pas choisis chez des malentendants , s'ils avaient un peu , rien qu'un peu d'honneur pour paraitre au moins courtois entre eux ...les mots les petites phrases sont assassines et on voit ces gens (qui après tout sortent des mêmes écoles et milieux sociaux) se serrer la main se sourire et se faire des grâces ...
demain on votera avec des machines et je n'irai plus . pour la raison la plus simple , je ne pourrai m'assurer de la légalité des comptages comme je le fais en assistant et participant aux depouillements depuis 44ans .
je vais relire tes textes ...
bisous

Écrit par : josette | 14/02/2012

Le tremblement de sa voix inimitable et pourtant si imité.
Déjà en 58 c'était le bazar.

Il faudra bien pourtant élire quelqu'un ou quelqu'une. Bien peu de femmes dans cette Présidentielle.

Fierté Courage Espérance

Où sont passées nos valeurs

Maintenant c'est tiercé fromage et vacances

Dominique

Écrit par : papydompointcom | 14/02/2012

Mon âge ne me permet plus de rechercher un père mais un grand frère ou une soeur ainée pour notre pays. Soeur Anne qui vois tu venir pour le mois de mai ?
je n'écoute pas les sièrènes d'Ulysse, j'essaie de déméler les fils confus des promesses, des discours parfois contradictoires...
que peuvent-ils encore nous promettre lorsque dans un monde en crise ? pauvres petits êtres humains.
J'irai voter c'est encore autorisé profitons en...
et puis il y aura les législatives pour envoyer en notre nom un député...un espoir pourrais-je croire ? illusion !
il n'en fera qu'à sa tête une fois élu.
Si je vous écrivez tout ce que mon député a avalé comme couloeuvres alors que moi simple citoyenne j' aurais pu lui souffler le bon sens populaire...mais non il était sourd et aveugle. J'irai voter mais parfois le seul élu que je connaisse s'appelle : vote blanc.

Écrit par : Charline | 15/02/2012

Lui savait partir quand il était en difficulté... parce que lui aussi, a souvent oublier le peuple et que c'est le peuple qui fait vivre la nation, et pas ceux qui la dirigent pour le bien être des financiers....Après la libération, même les syndicats ont demandé un effort aux ouvriers (les mineurs, par exemple et ceux de la métallurgie , il fallait relever l'industrie. Mais quand les bénéfices ont commencé à "fleurir" , les patrons et les gouvernements leurs ont laissé les tiges....d'où les grandes grèves de l'époque....

Bises et belle journée.

Écrit par : patriarch | 15/02/2012

Nous pouvons toujours reprocher à un dirigeant d'avoir pris de mauvaises décisions. Mais il faut néanmoins leur reconnaitre certaines qualités, faire la part des choses est importante pour éviter de tomber dans le populisme du genre : "tous pourris" mais nous pouvons, nous devons nous poser la question ; qu'aurais je fait à sa place ?

A toutes celles et ceux qui reprochent à la France les colonisations des siècles passés par exemple, je leur répondrai : connaissez vous l'histoire de toutes les colonisations ? qui a colonisé qui et quand ? de quelles façons tout cela s'est il passé ?
nous pourrions remonter à l'époque romaine et même avant.

Reprocher est facile, proposer un Avenir est plus courageux me semble t-il.
Tous les cassandres offrent une image déplorable de notre pays. Les médias qui relaient ce pessimisme sont condamnables.
Comparons notre pays, notre train de vie avec les pays européens pour commencer. Où souhaiteriez vous vivre aujourd'hui ?

Sur cette page, je voulais mettre l'accent sur la qualité d'un homme qui avait fait un plan sur la durée puisque
nous les appelons encore les 30 glorieuses ces années après 1958, ce n'est pas par hasard.

Écrit par : Charline | 15/02/2012

"Où souhaiteriez vous vivre aujourd'hui ? "

Très bonne question : en France bien sûr, chez moi


dominique

Écrit par : papydompointcom | 16/02/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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