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23/03/2009

"LE BARAULOUP"

Toujours dans le cadre de la langue française et de la francophonie

je vous propose aujour'hui un texte de mon cru :

LE LOUP AU BAR

jeu de mot facile


 Avant la lecture je vous rappelle que je devais utiliser dans ce texte les mots :

- amertume
- bouline
(ancien terme de marine qui désignait une corde ; aujourd'hui utilisé en créole haïtien
dans l'expression à toute bouline qui signifie à toute vitesse)
- brousse
- déambuler
- espérance
- farfadet
- lumière
- ombellifère
- tactile
- tataouiner (mot québécois qui signifie tergiverser)

Elle traînait son amertume assise au bar, sirotant un mezcal(Le mezcal est extrait d'une agave appelée maguey qui demande huit à douze années d'existence pour atteindre la maturité exigée pour obtenir ce miracle alcoolisé et médicinal mexicain.)

Gaston le farfadet l'aborda tel un marin avide d'écouler un trop plein d'énergie emmagasiné depuis plusieurs semaines

sur le pont du navire, le plus gros du pays.Gaston était, vous l'avez deviné, petit mousse.

Cette gonzesse en mal d'amour, c'est ainsi qu'il l'avait jugée illico, accepterait sans hésiter un petit voyage au septième
ciel.

Un tantinet titubant suite à une soirée inoubliable, il déambula jusqu'à l'endroit où était accoudée sa proie.

 Il la salua tel un prince éméché. Lorsqu'il tenta de se relever, il cogna fortement son crâne dégarni, sur le coin d'une table mal placée.

Il s'aplatit lourdement, le nez en éclaireur, et s'évanouit sur le sol ensanglanté.

Les éléphants roses le poursuivaient dans une brousse qu'il connaissait.

Il courait à toute bouline sans se retourner en écrasant escargots et ombellifères.

Il ne tataouinait pas, il fonçait droit devant lui, à perdre haleine.

Il saignait des pieds et une douleur étrange coupait sa respiration ; il geignait en reprenant sa course effrénée.

Son amertume était profonde et l' espoir de revoir ses parents s'éloignait à chacun de ses pas.

Brutalement il s'écroula et frissonna lorsqu'il ressentit au poignet une emprise tactile et inhumaine qui tentait

difficilement de l'emporter en le traînant dans une flaque glacée et sanguinolente.

Ses deux mâchoires bruyamment se rejoignaient en un rythme macabre.

Gaston, transi, se réveilla.

La lumière du jour pénétrait à travers les barreaux de sa cellule.

Le gardien lui apporta un café.

Les ennuis ne faisaient que commencer.

L'espérance d'une promotion,  pour ce vieux loup de mer, celle d'être un jour capitaine du cargo

"Le Baraulou",s'évanouissait.

 


Découvrez Jacques Brel!

17:35 Écrit par Charline TABONI dans ATELIER D'ECRITURE | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook

Commentaires

Coucou Charline, j'aime bien cette ambiance de ville portuaire souligné par la chanson de Jacqes Brel.
Gros bisous et très bonne soirée,

Écrit par : Muad' Dib | 23/03/2009

bonsoir

Oh le pauvre l doit avoir mal, très mal

bisous

Écrit par : corinne | 23/03/2009

Mais tu es très bonne pour écrire,toutes mes félicitation.
je ris de voir tataouiner...
À bientôt.

Écrit par : nadia-vraie | 25/03/2009

Bonsoir, aujourd'hui le ciel était gris pour te rassurer et il fait froid!
Bises.

Écrit par : Fancri | 26/03/2009

bonjour charline me voilà chez toi pour te rendre ta visite
je vois que tu aimes l'écriture l'art et beaucoup autres choses ton blog est très varié et j'ai bien aimé la façon dont tu as traité les mots obligés
pauvre homme sa vie s"ecroule tout cela pour avoir envie d'aller au 7 éme ciel
bon dimanche

Écrit par : peintrefiguratif | 04/10/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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