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15/02/2011

FIN DE VIE NON CHOISIE

ce texte est une reprise datant de mars 2008.

 

LE CHOIX DE JEAN 

la vidéo d'un documentaire passé il y a quelques années sur Arte... d'un homme, Jean Aebischer

qui a choisi de mourir aidé en cela d'une équipe médicale.

Ce texte je l'ai écrit en hommage à deux soeurs. 

AILLEURS

A Thérèse et à sa soeur très proche

Abandonner ce corps pour migrer vers d'autres horizons où m'attendent tous ceux que j'ai chéris qui m'ont trop tôt quittée : cet espoir est majeur pour une fin de vie !

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Le drame du départ c'est l'abandon d'un être aimé à qui l'on n'a pas encore tout dit.
La personne, ami ou parent qui accompagne est très souvent anéantie par la soudaineté de l'annonce du drame ; désarmée par la prière d'un dernier voeu émis ; brisée lorsqu'elle assiste en partageant intensément l'instant cruel du râle et du dernier soupir.

 

Présente et attentive aux désirs murmurés, au regard de détresse de cet être souffrant qui semble attendre du vivant, un prodige, un dernier souhait (souvenirs magiques auxquels on aime se raccrocher quand on a perdu Dieu)

comme le lui proposerait une fée :
-le pouvoir de différer le départ, d'abandonner ce mauvais rêve quitter la vie pour entrer chez la mort.
-sortir du brouillard étouffant dans lequel cette mort habite trop près ;
-espérer à nouveau, juste un tout petit moment le temps de se sentir respirer.

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L' impuissance et le désarroi devant le départ imminent, nous incitent aujourd'hui à redécouvrir ce que naturellement nos ancêtres accomplissaient :
-l'accompagnement en fin de vie.
-la veillée mortuaire où les membres de la famille et certains amis se relayaient près du défunt jusqu'au jour de son enterrement.
-la solidarité jusqu'au bout du chemin cette force indispensable pour accompagner aussi les vivants.

Me revient en mémoire mon propre désaroi.
Pourquoi ai-je tant pleuré et pour qui ?
Pour grand-mère Gabrielle lorsqu'elle est partie.

J'ai pleuré chaque nuit. Cachant mon désespoir bruyant sous l'oreiller de plumes,

celui qui servira à soutenir sa tête lorsqu'on l'enfermera dans la boîte vernie.

Des larmes et des larmes ont coulé généreusement en cadeau pour "Maman Melle"

afin que là haut le Jésus sache combien elle me manquait, à quel point je l'aimais.

Et puis au cathé le curé nous disait : "les morts qui sont pleurés vont tous au paradis !"

Je n'avais pas dix ans, l'âge tendre et impressionnable de l'enfance.

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Toutes ces larmes versées pour un voyage au paradis mais aussi sur mon devenir sans elle, ma grand-mère adorée !

Je ne revois plus son visage ; j'ai oublié la douceur de sa peau, il ne me reste que les photographies, seules témoins aujourd'hui.

Pendant très longtemps j'ai entretenu le souvenir du son de sa voix.
Chaque jour, plusieurs fois je me remémorais ce timbre familier, cette façon un peu agacée d'appeler mon grand-père : "Augustin, Augustin !"

Les souvenirs heureux ne se font pas prier.

La mémoire se déchaîne et envoie pêle-mêle des images muettes mais qui en disent long.

Oser vivre ce bonheur en ces instants tragiques, permet d'être plus fort que la réalité ;

de cette force nouvelle peut naître un sentiment d'être encore un vivant, et de réaliser que le temps est compté qu'il est urgent de vivre et de se préparer avec sérénité.

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Quand la paix retrouvée a remplacé l'angoisse ;
quand ceux que nous aimons sont assis près de nous qui approchons du terme ;
quand leurs regards traversent sans le voir, notre corps amoindri, pour atteindre leur horizon : fracture irrémédiable, ils ne songent plus qu'au nombre inconnu de saisons qu'ils espèrent traverser paisiblement tandis que nous, voyageurs impétrants malgré nous, d'un trop prochain voyage, n'envisageons à court terme que l'espoir illusoire de rejoindre Notre Eden !

le 21 novembre 1998

 

 

 

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Je me souviens avoir écrit ce texte pour une amie très proche qui essayait d'accompagner une soeur de 55 ans atteinte d'un cancer.
En relisant ce texte, je songeais très profondément à ma maman qui s'en est allée trois années plus tard et dont l'absence se fait grandissante.

J'ai soixante ans et ma conviction est faite.

Je prends le risque de choquer certaines et certains de mes amis lectrices et lecteurs, mais je crois qu'un débat doit être permis.
J'ai lu "LA DERNIERE LEÇON" d
e Noelle Chatelet.
Récit intense d'une fille qui tente de comprendre la décision de sa mère,
madame Jospin, de quitter la vie à qatre-vingt-douze ans.
"Fuir la vieillesse" pour entrer peut-être dans une autre vie ?
ou tout simplement parce que c'était son choix, sa volonté.
Elle était propriétaire de son corps.
C'est cela qui importe le plus, en tout cas pour moi à l'heure où l'on ne peut plus respirer sans autorisation. J'exagère à peine.

ASSOCIATION POUR LE DROIT DE MOURIR DANS LA DIGNITE

Commentaires

je te suis pleinement dans ta réflexion, et je partage ton écrit, totalement, Merci Charline, Françoise

Écrit par : framboisine | 14/03/2008

Merci Charline pour ta belle note.

Je réfléchis pour ta question de présentation de note

dominique

Écrit par : papydompointcom | 14/03/2008

je trouve ce message plein d'amour et de tendresse !
et pense que: l'on ne décide pas de sa propre mort !car ,il y a toujours une lueur d'espoir ?

L'Espérance voit ce qui sera.
Dans le temps et pour l'éternité.
la petite espérance.
s'avance.
et en réalité c'est elle qui fait marcher les autres.
et qui les traîne,
et qui fait marcher tout le monde .
sur le chemin du salut .

amitiée











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Écrit par : marie-thérèse | 14/03/2008

Charline je viens de faire un long commentaire sur ta note qui m'a bouleversée , trop d'émotion je n'ai pas validé ce que j'avais écris cette après-midi même ! au sujet des derniers instants de ma maman , sans avoir pris connaissance de ta note ni de ton mail !....
Je suis pour l'accompagnement therapeutique , mais pas pour l'acharnement , ma soeur l'a demandé , elle fut débranchée .... Je mettrais une note sur mon blog , pour Maman , demain sans doute .....Merci Charline ta note nous concerne tous ! bisous ! huguette

Écrit par : macary huguette | 14/03/2008

Oui, nous sommes propriétaire de notre corps et personne ne devrait décider pour nous! Tes écrits sont plein d'émotion. Je te siuhaite un bon après-midi. amitié et Bises d'un alpin Noélus

Écrit par : l'alpin | 15/02/2011

je suis pour le départ aidé, si c'est pour éviter à la personne des souffrances et aussi pour la famille.

Certains médecins sans aider vraiment savent arrêter quand il n'y a plus rien à faire.... Bises

Écrit par : patriarch | 15/02/2011

Je partage ton avis. Notre corps nous appartient et nous devons avoir le droit, en fin de vie, de mettre un terme à notre existance.
Ton texte est très beau.
Bises
Geneviève

Écrit par : Geneviève | 15/02/2011

Ah que voilà des commentaires bien débloqués ! Bravo Charline !

Dominique

Écrit par : papydompointcom | 15/02/2011

Je vous remercie, vos compliments me touchent.
L'écriture a été il y a longtemps ma thérapie.
J'ai participé à quelques concours de poésies, et aujourd'hui je suis avec vous dans cette communauté de blogueurs cinquantenaires, pour les plus jeunes ?
La photographie depuis que le numérique existe est devenu l'ami des débutants qui ne comptent plus les prises et en plus nous avons la possibilité de recharger nos piles ou nos batteries.
On garde, on jette...il faut apprendre à jeter c'est parfois un déchirement...
Papydom est toujours présent pour me faire avancer et m'inciter à progresser. Je lui dois énormément.

A bientôt et merci encore.

Écrit par : Charline | 15/02/2011

bonjour! je vous felicité pour votre écriture , vous savez bien fire passer vos sentiments ,, c'est même beau , mais je ne peux m'associer à vos idées sur le droit de mourrir , sutout si la personne est encore jeune ,
dieu nous a donné la vie et lui seul peut nous la reprendre!
et en dehors de ces convictions là , j'ai vécu ,il y a 38 ans , la descision de medecins qui disaient tout est fini , nous faisons vivre un légume , il faut arreter , il n'y a plus rien a faire .....pas d'ancéphale , pas de système nerveux , intubé de partout poumons artificiel , rein artificiel , aucune fontion naturelle ne se faisait seule , tout etait comme on dit "branché , le seul organe qui fontionnait normalement etait le coeur .
un bébé oui un bebe de 2 mois , et on vous dit il faut arreter , pourquoi , parce que eux pensent que tout est fini , mais ils ne sont pas DIEU , car DIEU en a decidé autrement le bebe est devenu un super homme de 38 ans ingenieur chimiste en pharmacie , alors qui a raison ?
doit -on arreter la vie ? grand débat que ni vous ni moi ne pourrons resoudre , même en exposant nos points de vue , mais il faut le faire pour que chacun puisse se faire une idée sur des sujets tabous comme celui-ci .
et je vais vous conseiller un livre magnifique , qui traite justement de ce sujet , qui vous dira que même quand on croit tout fini , on peut encore trouver une raison de continuer , même si un jour , mais beaucoup plus tard on fait quand même l'acte d'euthanasie il s'agit du livre de GEORGES RENAULT AUX EDITIONS DE FRANCE LOISIRS EDIT2 EN 1992
il s'appèlle " la mort de MARIE "
un livre d'une grande sensibilité et de courage ...( en vente actuellement chez price-minster internet )

je vous prie de bien vouloir ne pas vous choquer de mon intrusion dans votre message , mais vous voyez je pense qu'il faut aussi vehiculer des messages d'espoirs..
je vous remercie de m'avoir lu , et vous remercie des belles choses que vous faites sur votre blog
a+ peut-être si vous le voulez ... francoise

Écrit par : francoise | 16/02/2011

Bonjour Françoise,
De nombreuses personnes pensent que l'euthanasie est un crime.
Evidemment nous devons nous entourer de toutes les précautions nécessaires, de médecins, de professionnels de la santé et du conseil de famille.
Mais si une personne, comme c'était le cas de "Jean", en pleine conscience, a décidé de ne pas devenir une charge, un légumes, c'est son droit. Dieu pour moi je ne l'ai pas rencontré, je ferai en conscience ce que j'estime le mieux pour tous ceux que j'aime.
Je trouve inutile la souffrance sans issue, inutile l'acharnement thérapeutique, inutiles les dépenses somptuaires pour arriver le plus tard possible aux portes de l'inéductable, la mort.
Je ne crains ni dieu, ni maître, car je suis maître de mon corps, de ma vie que m'ont donnée mes parents.
Poussière je deviendrai comme tout le monde, c'est peut-être là la vraie chance d'égalité.
Merci pour ton message.

Écrit par : Charline | 16/02/2011

Tout comme toi, je pense que l'on doit pouvoir partir dans la dignité et que l'acharnement thérapeutique quand il n'y a pas d'issue d'amélioration est inutile. Ma mère a terminé sa vie dans d'atroces souffrances. Nous avons sollicité le médecin et quelques heures après elle est partie. Y a-t-il eu une action de sa part, nous ne savons pas ? Toutefois, pour elle et pour nous, ce fut un soulagement.

Bises Charline !

Écrit par : Alrisha | 19/02/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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